Présentation
de l'action
Cette action de formation
a été centrée sur la participation des stagiaires
à un projet de relevé systématique de registres
paroissiaux de la commune de Gaillac, entre 1782 et 1792, et à
la rédaction d'un article analysant les statistiques issues
de l'exploitation de ces relevés.
Elle doit permettre à chaque stagiaire de reprendre confiance,
lui démontrant sa capacité à participer à
une action, à la mener jusqu'au bout.
Ce projet a pour objectifs
:
· De prouver
à chacun sa faculté à créer des liens
sociaux durables et positifs ;
· De mettre en avant et de développer les compétences
de chacun ;
· De se mettre ou de se remettre dans une situation de
travail en entreprise.
Pourquoi ce type de
support ? Depuis la deuxième moitié des années
1970, le souci généalogique envahit la France. Trois
hypothèses répondent à trois types de désirs
généalogiques :
· Le premier
correspond aux zones de fort exode rural depuis le milieu du 19e
siècle et constitue pour les émigrés et leurs
lointains descendants une forme de retour au pays.
· Le deuxième relève des drames de l'histoire
et des défaites militaires de la France. La généalogie
sert alors à apaiser une certaine inquiétude de
la nationalité.
· En troisième, la généalogie viendrait
panser les blessures de la crise économique du deuxième
quart du 20e siècle dans la France anciennement industrielle.
Elle serait alors une sorte de retour à la terre nourricière.
Elle permettrait de réaliser un travail de recollement,
de pardon suite à l'éclatement de la famille, au
manque de repère.
Et c'est là
qu'elle peut jouer un rôle intéressant pour des publics
en difficulté sociale et économique.
Le
public du stage
En effet, le public
habituel de la formation AGIR est composé de personnes
qui ne tireraient pas profit d'une action directe d'orientation
ou de recherche d'emploi mais qui sont cependant prêts à
s'investir dans un travail de groupe, de façon à
aborder le quotidien avec une plus grande confiance. Au départ,
ces personnes peuvent ne pas avoir d'expériences professionnelles
ou de projets bien définis.
La formation AGIR est adaptée à un public ayant
des difficultés dans la maîtrise des savoirs de base
( Français et Mathématiques).
AGIR Gaillac est composé
de onze stagiaires : Quatre hommes et sept femmes, âgés
de 18 à 35 ans. Leur dernière classe fréquentée
est la cinquième ( pour deux d'entre eux), la troisième
(pour cinq), la quatrième ( pour un), la première
(pour un), le BEP (pour un) et la classe Français langue
étrangère(pour un). Ils sont tous inscrits à
l'ANPE, certains depuis plusieurs années.
Le
déroulement de l'action
Le projet consiste
donc à mettre en place une action de relevé systématique
de registres paroissiaux. En effet, si en terme de sauvegarde
des documents anciens, les Archives n'ont ni numérisé
ni microfilmé ceux-ci, le public consulte les originaux,
ce qui a pour effet de les dégrader au fil du temps.
Leur action est donc une action de salubrité publique.
Les stagiaires, par ce biais, deviennent les maillons d'une chaîne
qui uvre à sauvegarder le passé pour les générations
futures, à permettre à celles-ci de s'enraciner.
En travaillant sur
l'écrit, cette activité de relevé systématique
était totalement adaptée aux objectifs de cette
action.
En effet, les stagiaires ont appris une écriture dont ils
n'avaient pas l'habitude. Cela leur a demandé de la concentration,
de la rigueur et de la persévérance.
Ensuite, ils ont travaillé sur des documents datant d'une
époque où l' orthographe n'était pas encore
définitivement fixée. Ce qui leur a permis de relativiser
leur approche de celui-ci, de moins culpabiliser dans le cas où
ils font des fautes, de prendre de la distance par rapport au
français.
Une fois les relevés effectués, il a été
possible de travailler sur la démographie de Gaillac au
18e siècle. Ainsi, ils ont pu utiliser l'outil mathématique.
Par ce biais, ils ont redécouvert le quotidien des habitants
de Gaillac il y a deux siècles.
Le résultat final a été la publication de
l'article après qu'ils l'eurent rédigé tous
ensemble.
En dehors de ce projet
collectif qui prenait un tiers de leur temps, ils ont suivi un
atelier " savoirs de base " pour fixer à nouveau
certaines règles en français et en mathématiques.
D'autres ateliers furent mis en place pour les aider dans leur
démarche de re-dynamisation :
· Un atelier
" gestion du quotidien " pour les aider dans la résolution
de leurs problèmes familiaux.
· Un atelier " communication " pour faciliter
leurs relations avec l'environnement.
En outre, des entretiens
individuels hebdomadaires étaient l'occasion de fixer des
objectifs. Ils avaient aussi la possibilité d'effectuer
des stages en entreprise.

Conclusion
Quatre mois de ce
régime, quatre mois de ce travail ont permis des changements
que les formateurs ont constaté quotidiennement. Une prise
de distance s'est petit à petit installée. Huit
stagiaires sur les onze ont eu la possibilité de faire
au moins un stage en entreprise. Alors qu'au départ, les
stagiaires exprimaient une certaine crainte par rapport à
ce projet, à ce monde des archives qui leur était
complètement inconnu au point de croire parfois qu'ils
allaient travailler dans une église, entourés par
un prêtre, in fine ces quatre mois sont passés à
une vitesse qui les a tous surpris.
Cette formation leur
a apporté une véritable remise à niveau en
français et en mathématiques. L'apprentissage de
cet alphabet et de cette écriture gothique les a intéressés.
Cette formation leur a permis de connaître de nouvelles
personnes, de les occuper au lieu de rester chez eux à
ne rien faire comme ils ont pu l'écrire aux formateurs
en les remerciant pour les tâches qu'ils avaient pu accomplir
avec eux.. A la fin de cette formation, ils se sont mis à
la recherche active d'un nouvel emploi ou d'une formation. Ils
ont pu ré-apprendre à rédiger un CV et une
lettre de motivation. Ceux qui ont été en stage
ont parfois découvert par ce biais leur vocation. Ils se
sont rendus compte que travailler en groupe pouvait être
agréable. Ils en sont sortis avec plus de confiance en
eux et en leurs capacités.